mercredi 8 mars 2017

Journée mondiale des femmes : entretien avec Cristina Aguiar (Rep Dom)

A l'occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, Mme Cristina AGUIAR, avocate, ancienne ambassadrice de la République dominicaine auprès des Nations Unies et vice-ministre des Relations extérieures, a bien voulu m'accorder un entretien.



1) Toute votre vie, vous avez joué un rôle dans la défense des droits des femmes : dans votre pays, en tant que ministre ou comme avocate. En quoi cela vous semble t'il si important que nous célébrions un jour spécial pour les droits des femmes ? Pourquoi ce combat continue t'il à être si actuel ?
CA : Le combat pour les droits de la femme est un combat de tous les jours. Néanmoins, c'est important d'avoir une journée où l'on pense tout spécialement à toutes ces femmes qui sont loin encore de l'égalité minimale qui les ferait citoyennes. Aussi, il est bon de se souvenir du tragique événement qui est devenu un symbole universel de la lutte des femmes pour l'égalité. Le 8 mars est une occasion pour profiter et réaffirmer la mémoire historique dont nous sommes toutes gardiennes.

2) L'Amérique latine a t'elle connu des avancées depuis les années 80 ? Quels sont les défis que doivent relever les sociétés latino-américaines ? 
 
CA : L'Amérique latine traîne encore un fardeau de dette sociale assez important. Dans beaucoup de nos sociétés l'inclusion sociale ne semble pas être dans les priorités. Aussi, il faut rappeler que la corruption est un mal presque endémique dans le système et que la corruption divertit des finances publiques les ressources qui pourraient étoffer les programmes sociaux et surtout l'éducation et la santé. L'Amérique latine doit vaincre l'imprompte de son passé colonial transposé dans les ordres républicains et qui se traduit par une distribution particulièrement inégale des richesses.

Avec l'ex-President Leonel Fernandez, à sa fondation FUNGLODE en décembre 2016

3) Sentez-vous un soutien sur ce thème en Amérique latine ? Quels sont les exemples qui vous laissent penser que nous connaissons des avancées ? Et, a contrario, quels sont les thèmes qui indiquent qu'aujourd'hui encore, le défi existe ?  
 
CA : Il est tout de même intéressant d'observer que des femmes ont été président dans au moins cinq pays de l'Amérique latine. Les femmes participent en politique plus qu'avant et il est indéniable que nous avons une forte conscience sociale. Aussi, du point de vue de l'intégration sociale, les populations amérindiennes ont obtenu la revendication d'un certain nombre de leurs demandes. Le cas de la Bolivie est paradigmatique. Et encore, à côté de ces avancées reste que la pauvreté ne recule pas, les migrations s'accélèrent et provoquent des levés de boucliers partout dans le continent. Il existe encore, en outre, des pulsions dictatoriales qui semblent difficiles à éradiquer. Le cas du Venezuela est là pour nous interpeler.

4) Pour vous, quels ont été les femmes mais aussi les hommes qui illustrent l'importance de la conscience en faveur des droits des femmes ?

CA : On ne peux répondre à cette question sans rappeler ce qui s'est passé au Palais de Chaillot à Paris fin 1948 lors des discussions précédant l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme et la position de Eleanor Roosevelt et d'une femme dominicaine, Ambassadeur Minerva Bernardino, qui ont affirmé avec gaillardise que les Droits des femmes sont aussi des droit humains, rappelant le travail des infirmières dans les hôpitaux la nuit, les maîtresses d'école, les ouvrières. Cela a marqué un vrai tournant dans l'histoire. Et puis plus tard, les rédacteurs de la Convention des Nations Unies pour l'Elimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes ont mis à la disposition des États membres un formidable outil pour lutter contre l'inégalité dont sont victimes les femmes. Nous ne pourrons non plus oublier les apports de Bella Abzug et en Amérique latine de Rigoberta Menchu.
Membre du jury dans la compétition inter universitaire de Droit international public en novembre 2015,

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Día mundial de las mujeres : entrevista con Cristina Aguiar (Rep Dom)

En relación con el Día mundial de los derechos de las mujeres, Mme Cristina AGUIAR, abogada, ex-embajadora de la República dominicana en las Naciones Unidas, y ex-Ministra de Relaciones exteriores, aceptó contestar a mis preguntas.
1) Toda su vida, Usted desempeño un papel para los derechos de las mujeres: en su pais, como ministra o como abogada. Porque le parece tan importante que celebremos un dia especial de los derechos de las mujeres ? Porque sigue tan vigente este combate ? 

CA : El combate por los derechos de la mujer es un combate cotidiano. Sin embargo, es importante tener una jornada especial donde pensamos en todas esas mujeres que todavía están muy lejos de disfrutar del mínimo de derechos que haría de ellas ciudadanas plenas. De igual forma es bueno recordar el trágico acontecimiento que ha hecho del 8 de marzo un símbolo universal de la lucha de las mujeres por la igualdad de derechos. El 8 de marzo es también una ocasión para afirmar la memoria histórica de la que todas somos guardianas.

2) America latina ha tenido avances desde los anos 1980? Cuales son los desafíos que deben relevar las sociedades latino-americanas ?

CA : América latina sigue arrastrando el peso de la deuda social. En muchas de nuestras sociedades el tema de la inclusión social no parece estar entre las prioridades.
También debemos recordar que la corrupción es un mal endémico en el sistema y que la corrupción desvía de las finanzas públicas los recursos que bien pudieran emplearse en mejorar los programas de impacto social, sobre todo la educación y la salud. América latina debe desarraigar la impronta que dejará su pasado colonial transpuesto en los ordene republicanos y que se traduce por una distribución particularmente desigual de las riquezas.
Avec l'ex-President Leonel Fernandez, à sa fondation FUNGLODE en décembre 2016

3) Usted siente apoyo en América latina para ese tema ? Cuales son los ejemplos que le hacen pensar que vivimos avances ? Y, por lo contrario, cuales son los temas que significan que todavía, el desafío existe ? 
CA : Es interesante apuntar que mujeres han sido jefes de Estado en al menos cinco países del continente. Las mujeres participan ahora en política más que ante y es incontestable que tenemos una fuerte conciencia social. Por otra parte, desde el punto de vista de l inclusión social, las poblaciones indígenas han logrado la satisfacción de algunas de sus reivindicaciones faro. El dado de Bolivia es paradigmático. No obstante, al lado de estos avances tenemos la pobreza que pareciera irreductible, las migraciones exhacerbadas y que provocan reacciones de rechazo por todo el continente. Y existen las pulsiones dictatoriales que parecen difíciles de erradicar. El caso es Venezuela nos interpela fuertemente.

4) Para Usted, cuales han sido las mujeres pero también los hombres, que ilustran la importancia de la conciencia en favor de los derechos de las mujeres ?
 
CA : No podemos contestar a esta pregunta sin recordar lo que sucedió en el Palacio de Chaillot, a finale de 1948, en los debates que precedieron la adopción de la Declaración Universal de los Derechos Humanos donde Eleanor Roosevelt y una Embajadora dominicana, Minerva Bernardino, llamaron la atención sobre el hecho de que los derechos de las mujeres son derechos humanos, recordando el trabajo de las enfermeras en los hospitales en tanda nocturna, las maestras y las obreras. Esta postura defendida con gallardía por estas dos mujeres marca un hito en la historia de la condición jurídica y social de la mujer. No podemos olvidar los aportes de Bella Abzug y en nuestra región de Rigoberta Menchú.

Membre du jury dans la compétition inter universitaire de Droit international public en novembre 2015,