mercredi 8 mars 2017

Journée mondiale des femmes : entretien avec Ana Isabel Préra flores


 A l'occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, Mme Ana Isabel Préra Flores, ex-Ministre de la Culture dans le premier gouvernement démocratique élu au Guatemala, ex-chargée du programme de la Culture de paix à l'Unesco et membre de la Fondation Esquipulas pour la paix et le développement en Amérique centrale a bien voulu m'accorder un entretien. 
 


·          1) Toute votre vie, vous avez joué un rôle dans la lutte pour les droits des femmes : dans votre pays, en tant que Ministre de la culture dans un gouvernement civil, après le conflit interne de 1986. A l’Unesco, en promouvant la culture de la paix menée par Federico Mayor. Dans des fondations en lien avec les Nations Unies, comme la Fundacion Cultura de paz, la Fundacion Gorbatchev. En quoi cela vous semble si important que nous célébrions un jour spécial pour les droits des femmes ? En quoi ce combat continue t’il à être si actuel ?



·  A.I.P.F : La révolution silencieuse que les femmes ont inicié à partir du XXème siècle, pour faire valoir leur égale dignité face à un système dominé par la vision et la pouvoir masculin, est loin d’être satisfaisante. Cependant, cette révolution a changé le monde pour toujours. Notre responsabilité est de rendre ces avancés irréversibles. C’est pour cela, que dans toutes les instances, nous devons promouvoir le droit des femmes à l’égalité face aux opportunités, que ce soit dans un environnement politique, culturel, économique comme social.
Le machisme est une pathologie socioculturelle qui empêche tant les hommes que les femmes, à être libres, dignes et égaux. Cette pathologie se transmet régulièrement par les mères à leurs propres enfants. Nous devons « détruire la masculinité prédatrice » si préjudiciable pour la société. Les féminicides ne sont pas des actes isolés, ils font partie, à l’instar du racisme et de la xénophobie, des réactions violentes dues à la perte de privilèges et de pouvoir des hommes sur les femmes. Il en résulte la peur, et l’immobilisme.

·          2) L’Amérique latine a t’elle connu des avancées depuis les années 80 ? Quels sont les défis que doivent affronter les sociétés latino-américaines ?


·  A.I.P.F : Même si l’Amérique latine a connu des avancées depuis les années 80, elles n’ont pas été suffisantes, et ont réveillé dans plusieurs cas des réactions intolérables de violence à l’encontre de filles et femmes qui veulent faire valoir l’égalité des droits et des opportunités. Aujourd’hui, en plein XXIème siècle, la plupart des femmes travaillons à l’instar des hommes, mais n’avons pas la même corrélation de droits, opportunités, considérations, reconnaissances et libertés que les hommes.
Les défis nous les avons en face de nous : une meilleure part de pouvoir politique et économique. Au niveau mondial, seules 8% des décisions de ces pouvoirs, sont prises par des femmes. Nous représentons 50% de la population planétaire, un jour nous partagerons 50% des décisions. Mais j’espère que ces dernières ne seront pas prises selon des logiques misogynes, mais avec la vision et la sensibilité de femmes. Nous devons incorporer notre féminité au pouvoir. C’est seulement ainsi que nous serons complémentaires et que nous arriverons à atteindre l’égal dignité de tous les êtres humains, tel que l’évoque l’article 1 de la Déclaration universelle des Droits Humains.
Nous devons appuyer et promouvoir la Loi de Parité.
Nelson Mandela a dit, lors d’une visite de Federico Mayor à laquelle j’ai assisté, « que les femmes sont la pierre angulaire de la nouvelle ère de Culture de Paix non violente, parce que nous utilisons qu’exceptionnellement la force, alors que les hommes, ne l’utilisent qu’exceptionnellement pas ».


·          3) Sentez-vous un soutien en Amérique latine sur ce thème ? Quels sont les exemples qui vous laissent penser que nous vivons des avancées ? Et, a contrario, quels sont les thèmes qui prouvent qu’aujourd’hui encore, des défis sont à relever ?

·  A.I.P.F : Nous avons des avancées : chaque jour, il y a un meilleur accès à l’éducation, tant au niveau scolaire qu’universitaire. La plupart des pères, et des familles, savent qu’ils doivent également éduquer leurs filles. Cependant, tous les pays n’ont pas la possibilité de proposer une éducation gratuite, et laïque. Et ce sont toujours les femmes qui en pâtissent. Une des conséquences du manque d’éducation, et qui contribue à cela, est l’augmentation de grossesses de filles et femmes très jeunes qui les obligent à abandonner les études. Rappelons que là où il y aura une femme éduquée, il y aura un enfant éduqué. Nous ne constatons pas forcément la même chose avec la paternité.

  

·          4) Selon vous, quels furent les femmes, mais aussi les hommes, qui illustrent l’importance de la prise de conscience en faveur des droits des femmes ?

·  A.I.P.F : Au niveau continental, nous pouvons parler de plusieurs femmes sans visage politique, véritables héroïnes sans reconnaissance, qui ont lutté pour nos droits en total anonymat, et grâce auxquelles ce continent a connu quelques avancées.
·          Mais également celles, à l’image de : Manuelita Sáenz, Gabriela Mistral, Rigoberta Menchú, Michelle Bachelet, Rosario Murillo, et beaucoup d’autres encores, écrivaines, peintres, artistes, créatrices, scientifiques, journalistes, qui du Mexique jusqu’en Patagonie, ont mis leur grain de sable en faveur de la reconnaissance de l’égale dignité des femmes, quelque soit sa condition.
Il y a également de nombreux hommes qui ont appuyé sans limite ces droits : personnellement je peux citer l’ex-Président du Guatemala, Vinicio Cerezo, qui, il y a 30 ans, a favorisé l’accès au pouvoir de plusieurs femmes, en soutenant les politiques d’autonomisation de celles-ci. Généralement, les Présidents et ex-Présidents de toutes les démocraties latino-américaines ont tenté de donner plus d’espace aux femmes.
Au niveau mondial, je peux citer Nelson Mandela, Jacques Chirac, Feredico Mayor, et de nombreux autres. Mais ce n’est pas suffisant, c’est nous, à travers notre unité, et des objectifs stratégiques, qui devons nous forcer à faire en sorte que ces espaces qui nous appartiennent, deviennent réalité.
Nous vivons un changement d’ère profond, dans laquelle les vieux paradigmes comme le machisme, disparaitront. Nous devons en profiter pour construire une nouvelle forme d’harmonie et de respect, qui nous rapprochera du bonheur et nous éloignera de la souffrance dont les risques sur la paix sont incalculables. 




Día mundial de las mujeres : entrevista con Ana Isabel Préra Flores


En relación con el día mundial de los derechos de las mujeres, Mme Ana Isabel Préra Flores, ex-Ministro de la Cultura en el primer gobernio democrático de Guatemala, ex-responsable del programa Cultura de paz en la Unesco, y miembro de la dirección de la Fundación Esquipulas para la paz y el desarrollo en América central aceptó contestar a mis preguntas.


1) Toda su vida, Usted desempeño un papel para los derechos de las mujeres: en su país, como primera Ministra de cultura en un gobierno civil, después del conflicto interno en 1986. En la Unesco, promoviendo la cultura de paz llevada a cabo por Federico Mayor. En Fundaciones relacionadas con la ONU, tal como la Fundación Cultura de paz, la Fundación Gorbatchev. Porque le parece tan importante que celebremos un día especial de los derechos de las mujeres? Porque sigue tan vigente este combate?



A.I.P.F : La “revolución silenciosa” que las mujeres iniciaron a partir del siglo XX, para hacer valer su igual dignidad frente a un sistema dominado por la visión y el poder masculino, dista mucho de ser satisfactoria. Sin embargo esta revolución cambió al mundo y para siempre.Nuestra responsabilidad es hacer irreversibles estos avances. Por ello, desde cualquier instancia debemos promover el derecho de las mujeres a la igualdad de oportunidades, tanto en el ámbito político como cultural, económico y social.

El machismo es una patología sociocultural que impide tanto a hombres como a mujeres, ser libres, dignos e iguales.  Esta patología cultural, se trasmite muchas veces por las propias madres a sus hijos. Tenemos que “deconstruir la masculinidad depredadora” que tanto daño causa en la sociedad. Los “feminicidios” no son hechos aislados, forman parte, como el racismo y la xenofobia, de las reacciones  violentas por la pérdida de privilegios y poder de los hombres sobre las mujeres.  El resultado es el miedo y la inmovilización.


2) América latina ha tenido avances desde los años 1980? Cuáles son los desafíos que deben relevar las sociedades latino-americanas?


A.I.P.F : Si bien América Latina ha tenido avances a partir de los años 80, estos no han sido suficientes, y más bien han desatado en muchos casos reacciones intolerables de violencia renovadacontra lasniñas y mujeres que quieren hacer valer la igualdad de derechos y de oportunidades. Hoy, en pleno siglo XXI, la mayoría de mujeres trabajamos a la par de los hombres, pero no todas tenemos el mismo correlativo de derechos, oportunidades, consideraciones, reconocimientos y libertades que tienen los hombres.

Los desafíos los tenemos frente a nosotros: mayor cuota de poder político y económico. A nivel mundial solo el 8% de las decisiones de estos poderes, son tomadas por mujeres.  Somos el 50% del planeta tierra, algún día compartiremos el 50% de las decisiones.  Pero espero que éstas no setomaran bajo las lógicas misóginas, sino con visión y sensibilidad de mujeres. Tenemos que incorporar nuestra feminidad al poder.  Solo así seremos complementarios y alcanzaremos “la igual dignidad de todos los seres humanos”, tal como lo indica el artículo 1º.de la Declaración Universal de Derechos Humanos.

Tenemos que apoyar y promover la Ley de Paridad.

Nelson Mandela, expresó,  durante una visita que le hiciera Federico Mayor, y a la cual asistí,“ que las mujeres son la piedra angular de la nueva era de la Cultura de Paz y no-violencia, porque solo utilizan excepcionalmente la fuerza, mientras que los hombres, solo excepcionalmente no la utilizan”.




 
    3) Usted siente apoyo en América latinaparaeste tema? Cuáles son los ejemplos que le hacen pensar que vivimos avances? Y, por lo contrario, cuales son los temas que significan que todavía, el desafío existe? 



A.I.P.F : Tenemos avances: Cada día hay mayor acceso a la educación, tanto a nivel escolar como universitario. La mayoría de los padres y familias saben que tienen que educar también a sus hijas.  Sin embargo, no todos los países tienen la posibilidad de proporcionar educación gratuita, obligatoria y laica. Y siempre es el contingente femenino el más desfavorecido. Una de las consecuencias de la falta de educación y que contribuye a ello, es el  incremento de embarazos de niñas y mujeres muy jóvenes que las obliga a dejar los estudios. El crecimiento demográfico anárquico de muchas sociedades, se debe a la falta de educación de las niñas y las mujeres. Recordemos que en donde hay una mujer educada, habrán hijos educados. No suele suceder lo mismo con la paternidad.





4) Para Usted, cuáles han sido las mujeres pero también los hombres, que ilustran la importancia de la conciencia en favor de los derechos de las mujeres?


A.I.P.F : A nivel continental, podemos hablar de muchas “mujeres sin rostro histórico”, verdaderas “heroínas sin reconocimiento”, que lucharon por nuestros derechos en el anonimato, y que gracias a ellas este continente tiene algunos avances.

Pero también aquellas que como: Manuelita Sáenz, Gabriela Mistral, Rigoberta Menchú, Michelle Bachelet, Rosario Murillo, y otras muchas escritoras, pintoras, artistas, creadoras, científicas, periodistas, que desde México hasta la Patagonia han puesto su grano de arena en favor del reconocimiento de la igual dignidad de las mujeres, sea cual sea su condición.

También hay  hombres que han apoyado sin límite estos derechos: en lo personal puedo hablar del ex-Presidente de Guatemala Vinicio Cerezo, quien hace 30 años favoreció el acceso al poder de muchas mujeres, apoyando siempre las políticas de empoderamiento de éstas. En general, los Presidentes y ex-Presidentes de la mayoría de democracias de latinoamericana, han intentado dar mayor espacio de participación a las mujeres.

A nivel mundial, puedo citar a Nelson Mandela, Jacques Chirac, Federico Mayor y otros muchos.  Pero no es suficiente, somos nosotras, a través de nuestra unidad, y objetivos estratégicos, quienes debemos esforzarnos para que estos espacios que nos pertenecen, se hagan realidad.

Vivimos un cambio de “era” profundo, en donde los antiguos y falsos paradigmas como el machismo, desaparecerán. Tenemos que aprovechar para construir una nueva forma de vivir en armonía y respeto que nos aproxime más a la felicidad y nos aleje del sufrimiento sin sentido y cuyos riesgos sobre la paz social son incalculables.