mercredi 8 mars 2017

Journée mondiale des femmes : entretien avec Innocence Ntap Ndiaye

A l'occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, Mme Innocence NTAP NDIAYE, ancienne ministre du Travail et des organisations professionnelles du Sénégal, a bien voulu m'accorder un entretien car la cause des femmes doit être défendue dans le monde entier et pas seulement en Amérique latin.




1) Mme Ntap Ndiaye, vous avez été ministre du Travail, de la Fonction publique et des Organisations professionnelles du Sénégal. 
Aujourd'hui, présidente du Haut conseil du dialogue social, quel regard portez vous sur l'évolution des droits des femmes et la place des femmes dans la société africaine? Existe-t-il une spécificité sénégalaise? 
INN : Permettez-moi tout d'abord de souhaiter une bonne fête à toutes les femmes du Monde en général et  les femmes du Sénégal en particulier, qu'elles soient sur le territoire national ou de la diaspora.
Aujourd'hui, le 8 Mars est inscrit en lettres d'or dans l'agenda des femmes parce que date repère pour les femmes pour évaluer la lutte de la gent féminine. Lutte contre la féminisation de la pauvreté, lutte pour l'accès aux postes  de décision, lutte pour l'accès à la terre, lutte pour l'amélioration continue de leurs conditions de travail. D'où le thème retenu par la 61ème  session de la Commission de la condition de la femme qui se tiendra au siège des Nations Unies du 14 au 24 Mars 2017 : "Les femmes dans un monde du travail en évolution  :une planète 50-50 d'ici 2030."
Mais il faut noter, pour s'en féliciter qu' en  Afrique la lutte des femmes a porté ses fruits. Au Sénégal, nous arborons avec fierté  la  loi sur  la parité  pour les fonctions totalement ou partiellement électives. C'est une avancée significative!!!!

2) Quels sont les défis majeurs pour les femmes en Afrique ? Quels en sont les écueils ?
INN : D'abord, le maintien des acquis et ensuite la conquête d'autres droits. En Afrique, il y a encore quelques écueils liés à des considérations d'ordre sociologique, religieux voire économique. Mais, par des concertations et une sensibilisation continue nous avons bon espoir que ces contraintes vont être levées. C'est là toute l'importance du dialogue social. On ne peut plus, à l'heure où les tenants du pouvoir politique parlent d'émergence, dans la plupart de nos pays, laisser au bord de la route plus de la moité de la population constituée de femmes !!!
Aujourd'hui la part contributive des femmes dans le P.I.B n'est pas négligeable. Elles sont des actrices économiques majeures surtout dans le secteur dit informel.
Avec Macky Sall, le Président de la République du Sénégal

3) En Afrique de l'Ouest, les cancers du sein et de l'utérus constituent la première cause de mortalité chez les femmes. Que révèle cette situation, sur le plan social et médical, sur la situation des femmes sur le continent africain ?
INN : Je voudrais ici marquer tout  mon soutien à  toutes ces femmes qui souffrent de ce mal : le cancer... toutes les formes de cancer, mais surtout le cancer du sein et celui du col de l'utérus.
Pour moi, il faut  insister sur la prévention. Démocratiser l'information quant aux facteurs à risques, pousser les femmes à poser des actes simples mais si salvateurs : faire de la palpation un réflexe et ne pas hésiter à faire des mammographies pour le cancer du sein  et/ ou des prélèvements utérins (frottis) pour le cancer de l'utérus. La vie n'a pas de prix. Je suis d'ailleurs membre d'une grande association de lutte contre le cancer en Côte-d'Ivoire et au Sénégal. A l'occasion de ce 8 Mars, en ma qualité de Marraine de l'Amicale  des femmes de Bolloré Africa Logistics/Sénégal (AFFBOLL), nous avons inscrit au programme  de la journée des consultations gratuites de mammographie ou d'échographie mammaire.

4) Si vous aviez un souhait à formuler pour toutes les femmes du monde, quel serait il ?
INN : Le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes,  nous ne voulons pas de fleurs, pas de fringues, pas de cadeaux, ni de gâteaux : nous voulons des droits garantis et protégés... nous voulons l'ÉGALITÉ.