dimanche 26 février 2017

L'Amérique latine, terre d'opportunités pour les entreprises françaises

Usine Alstom au Brésil
Les relations économiques, et avec elles culturelles, linguistiques et institutionnelles existent depuis des décennies entre la France et la zone Amérique latine-Caraïbes. Cependant, leur poids correspond-il à la représentation que chacun, dans son propre pays, se fait de l’autre ? Pas vraiment.

Ces dernières années, la France ne réalisait que 2,7% de son commerce extérieur avec cette zone économique. Sa part de marché restait faible, avoisinant les 1,7%, nettement inférieure à la part de la France dans le commerce extérieur. 

Ce continent constitue une terre d’investissements plus que d’exportation pour la France où, malgré tout, 20% des emplois dépendent de notre commerce extérieur. L’Amérique latine est entrée notamment dans la gestion de la croissance urbaine et de ses grands pôles. De plus en plus, elle intègre dans son schéma de développement les questions portant sur l’environnement et la problématique de l’énergie verte. Autant de champs où les entreprises françaises sont considérées parmi les meilleures : l’assainissement, l’eau, la gestion des déchets, l’énergie propre, les transports ou encore la filière agroalimentaire constituent autant de secteurs d’excellence qui peuvent correspondre à une demande en Amérique latine.

Les entreprises françaises, grandes, moyennes et petites, ne manquent pas d'ailleurs.  Leur diversité correspond au large spectre d’activités latino-américaines : la grande distribution (Casino, Exito, Carrefour par exemple), et, avec elles, tant d’autres assurent une présence au quotidien auprès des consommateurs latino-américaines. De nouvelles entreprises comme Décathlon, dans le secteur des articles de sport et de bien-être, se développent sur l’ensemble du continent (Mexique, Colombie, Chili, Argentine, Brésil), Lafarge-Holcim, Legrand, Alstom, Alcatel-Lucent, JC Decaux, Sanofi, Sanofi Pasteur, Airbus, Thales, Safran, Total, l’Imprimerie nationale, Gémalto, Téléperformance, Pérenco, Schneider Electric, Accor, Sodexo, Saint Gobain, Publicis, Legrand, le luxe notamment avec Hermès, la construction et les infrastructures avec notamment Bouygues, Vinci, le secteur de la banque,... des centaines de PME constituent un tissu que complète de nombreuses franchises comme Celio, Naf Naf, Habitat, Roche-Bobois. Le numérique et la téléphonie constituent autant de secteurs en forte croissance, l’Amérique latine étant, par exemple, un des continents au monde qui compte le plus de téléphones portables.

Nos entrepreneurs ont tous, issus de grands groupes ou des petites, très petites ou moyennes entreprises, à cœur de répondre aux besoins des clients, publics ou privés. Alors que nous sommes à un tournant pour la France, il apparaît de plus en plus que l’accompagnement, le soutien à nos entreprises doit se faire de plusieurs manières : en Amérique latine, sans doute devrions nous envisager de mettre en place les moyens d’accompagner les PME et TPE dans l’accès aux crédits.

Cette recherche est souvent un calvaire pour nombre de nos compatriotes qui essaient de s’installer dans un pays et de démarrer leur activité. Ne devrions nous pas réfléchir à une orientation de nos instruments de financement à l’export vers des secteurs porteurs dans lesquels nos entreprises sont reconnues ? Ne pourrions nous pas prendre appui sur un cadre multilatéral et sur les négociations commerciales pour faciliter l’accès aux marchés ?

La constitution d’union comme l’Alliance du Pacifique (chili ; Pérou ; Colombie ; Mexique), la nouvelle redynamisation du Système d’intégration centraméricain (SICA), l’Accord de partenariat transpacifique dans laquelle nous retrouvons le Chili, le Pérou et le Mexique, le tournant du Mercosur constituent autant de champs d’opportunités pour la capacité d’exportation et d’implantation de la France en Amérique latine. Accompagner les entreprises, c’est aussi faire de la pédagogie sur les produits français auprès des clients et des potentialités de développement. C’est aussi s’adapter, peut être envisager d’aborder la question du transfert de technologies et donc constituer aussi, des centres de production en Amérique latine. L’entreprise, c’est une dimension de la présence de la France qui génère un besoin de parler français, de rentrer dans l’espace francophone, de promouvoir une culture, une certaine idée du sens de la vie, qui se retrouve avec tant de brio dans la littérature et dans les arts plastiques et vivants latino-américains.

L’Amérique latine et les Caraibes constituent un continent riche de sa diversité. La langue peut constituer un élément d’unité mais chaque pays a une réalité qui lui est propre. Les unions régionales sont là pour créer un minimum d’unité locale par des objectifs avant tout économiques. Mais nous voyons bien que les impulsions et les besoins restent nationaux avec une concurrence forte : la Chine bien entendu, mais également des pays européens, sans compter sur de nouveaux acteurs tels la Russie ou la Turquie , avec bien entendu les Etats-Unis.

L’excellence du service, la solidité de la présence dans la maintenance notamment pour les infrastructures, la fidélisation de la relation, la capacité d’adaptation devant des sociétés et des marchés qui se transforment rapidement, constituent autant d’éléments qui permettent de créer un climat favorable à la présence de la France en Amérique latine, le socle affectif et culturel facilitant d’autant une compréhension mutuelle. C’est bien la raison pour laquelle la France, qui est terre latino-américaine par la Guyane et des Caraibes, avec nos formidables Départements et régions d’outre mer (DOM-ROM) que sont la Martinique et la Guadeloupe, nos collectivités d’outre mer que sont Saint Barthélémy et Saint Martin, bénéficient d’un préjugé favorable  sur lequel nous pouvons nous appuyer pour développer nos liens économiques. 

Nos entrepreneurs se donnent avec force et cœur sur ce continent. Soyons à leurs côtés pour continuer à porter haut, les couleurs de notre pays sur un continent avec lequel nous avons tant de liens.