lundi 31 octobre 2016

Edito octobre 2016 : comprendre la colère légitime des policiers français

Comme la plupart de nos concitoyens, j’ai été scandalisé d’apprendre qu’une bande de criminels masqués avait tenté de tuer, le 8 octobre dernier, quatre policiers à Viry-Châtillon (sud de Paris) en jetant des cocktails Molotov dans leurs voitures de fonction. Deux de ces fonctionnaires de police ont été gravement brûlés.

Le 21 octobre, une information judiciaire a été ouverte pour « tentatives de meurtres sur personnes dépositaires de l’autorité publique commises en bande organisée ». Mais cette enquête et les déclarations d’intention du gouvernement n’ont pas dissipé l’émoi provoqué par cette agression ni la colère légitime ressentie par la majorité des policiers. 

Le malaise couvait depuis plusieurs mois : il s’exprime désormais publiquement depuis plusieurs jours par des manifestions pacifiques mais déterminées. Ce ras-le-bol est la conséquence d'une accumulation de facteurs qui compliquent la tâche des représentants de l'ordre. Premièrement, nos forces de sécurité ont payé un lourd tribu dans la lutte contre le terrorisme, entre l’exécution d'un gardien de la paix à quelques pas de la tuerie du siège de Charlie Hebdo en janvier 2015 et celle d’un couple de policiers à leur domicile dans les Yvelines en juin 2016. Deuxièmement, avec le plan Vigipirate et la prolongation de l'état d'urgence, les missions s’enchaînent au détriment du repos et de la santé des agents. Troisièmement, la fatigue et l'usure ont été accentuées par la multiplication des manifestations violentes contre la loi "travail" au printemps dernier : dès lors que les deux-trois premières manifestations avaient dégénéré, le gouvernement aurait dû avoir le courage et la responsabilité d'interdire des manifestations qu'il n'était pas capable de juguler, surtout en période d'état d'urgence. Quatrièmement, les matériels ne sont pas suffisamment adaptés ou en nombre suffisant : il arrive trop souvent que des agents soient conduits à acheter avec leurs propres deniers leur équipement courant (lampe individuelle, gilet tactique adapté, sac de transport pour matériel individuel de maintien de l'ordre...). Cinquièmement, la justice ne fait pas toujours son travail en relâchant trop vite les délinquants et en ne soutenant pas suffisamment les policiers : un policier m'a ainsi expliqué il y a quelques jours que les vendeurs à la sauvette interpellés à Paris (quartier Barbès) sont libérés sans être présentés à un OPJ et avant même que la procédure dite "simplifiée" soit terminée, et alors même qu'ils sont le plus souvent en situation irrégulière sur le territoire national ; autre cas vécu, après avoir violenté sa compagne, un forcené s'est jeté sur des policiers avec une arme blanche de grande taille et le procureur n'a retenu comme incrimination que la tentative de coups et blessure sur agents dépositaires de l'autorité publique, alors qu'il s'agissait d'une véritable tentative de meurtre : et heureusement que, dans ce cas-ci, les policiers ont réussi à maîtriser l'agresseur avec des armes non létales, sinon soit l'un d'eux aurait trouvé la mort, soit ils auraient dû le tuer et se seraient alors retrouvés en garde-à-vue pour avoir simplement fait leur travail, comme dans la cas de l'intervention à Echirolles (Isère) en ce 28 octobre où cinq policiers de la BAC ont passé plus d'une demi journée en garde-à-vue après avoir tué un forcené armé d'une machette et d'un pistolet d'alarme.
Il faut que leurs conditions de travail se soient vraiment dégradées pour que les policiers nationaux soient poussés à manifester dans de nombreuses villes de France... comme ici à Paris, le 26/10/2016.

Il est inconcevable de laisser plus avant ce malaise miner la police nationale. Un Etat de droit ne peut pas se permettre d'avoir une police malade.

J'apporte mon plein et entier soutien aux forces de l'ordre dont les membres exercent un noble métier, mais ô combien difficile ces derniers temps. 

Dans un prochain billet, je reviendrai sur ce sujet afin de proposer des solutions concrètes, notamment en terme de formation et d'évolution de la législation.


---------------------------------------------------------------------------------

 Edito octubre 2016: Entender la furia legitima de la policía francesa

Como la mayor parte de nuestros conciudadanos, fui escandalizado en saber que una pandilla de criminales enmascarados había intentado matar, el 8 de octubre pasado, cuatro policías en la ciudad de Viry Chatillon (al sur de Paris) tirando bombas caseras adentro de sus autos. Dos de esos funcionarios fueron gravemente quemados.

El 21 de octubre, una información judicial se abrió, por ‘tentativas de asesinato sobre personas depositarias de la autoridad pública hechas en bando organizado’, pero esta investigación y las intenciones del gobierno no disiparon la emoción provocada por esta agresión ni tampoco la ira legitima afectando la mayoría de los policías. 

El mal estar se venía venir desde hace algunos meses de parte de los policías.se expresa ya públicamente desde varios días a través de manifestaciones nocturnas pacíficas, pero con determinación.  Están harto como consecuencias de una acumulación de factores que complican de manera absurda la tarea de los representantes del orden.
En primer lugar, nuestras fuerzas de seguridad pagaron un tributo pesado en la lucha contra el terrorismo, entre la ejecución de un guardia de la paz ubicada a algunos pasos de la matanza del diario Charlie Hebdo en enero del 2015 y la de una pareja de policías en su propio domicilio en los ‘Yvelines’ en junio 2016. Segundamente, a cabo del plan Vigipirate y la prolongación del estado de urgencia, las misiones se encadenan al detrimento del descanso y de la salud de los agentes. Tercero, el cansancio y la repetición fueron acentuadas por la multiplicación de manifestaciones violentas contra la ley de trabajo de la primavera pasada: sabiendo que 2 de las tres manifestaciones habían degeneradas, el gobierno hubiera fomentado en tener el coraje y la responsabilidad de prohibir las manifestaciones que no podían enfrentar. Cuarto, los equipamientos no son suficientemente adaptados y en cantidades suficientes; ocurre con demasiada frecuencia que los agentes tuvieran que comprar ellos mismos su propio equipamiento básico (linterna individual, chaleco táctico adaptado, bolsas de impedimento para colocar materiales individuales para el mantenimiento del orden…). Y por fin, la justicia no hace siempre su trabajo, liberando demasiado rápidamente delincuentes sin sostener suficientemente los policías : un policía me explico hace algunos días que un vendedor no autorizado arrestado en Paris (barrio Barbes) es liberado sin ni siquiera estar confrontado  a un Oficial de Policía Judicial y hasta antes que el procedimiento dicho ’simplificado’ sea acabado, sabiendo además, que por la mayoría de ellos, están en situación irregular en el territorio nacional ; otro caso vivido, después de haber violentado su compañera, un loco se ha tirado sobre los policías con un cuchillo de gran tamaño, cuando el fiscal lo inculpo por intento de golpes y heridas sobre agentes depositarios del orden público, cuando en realidad se trataba de intención de mata : y felizmente que, en este caso, los policías lograron parar el agresor con armas no letales, sino se hubieran encontrados arrestados por el hecho único de haber realizado su trabajo, como en el caso de Echirolles (Isere) el día 28 de octubre, cuando 5 policías de la BAC pasaron más de un medio día arrestados por haber matado un delincuente armado con un machete y una pistola de alarma.
Il faut que leurs conditions de travail se soient vraiment dégradées pour que les policiers nationaux soient poussés à manifester dans de nombreuses villes de France... comme ici à Paris, le 26/10/2016.

Es inconcebible en dejar seguir que este malestar siga dentro de las fuerzas policiacas. Un estado de derecho no puede permitirse tener una policía enferma.


Es por ello, que doy sin reservas mi completo sostén a las fuerzas del orden cuales miembros ejercen una tarea noble, pero tal difícil en estos últimos tiempos. 

En una próxima ocasión, volveré a hablar sobre este tema con el propósito de proponer soluciones concretas, notamente en lo que concierne la formación y la evolución de la legislación.


---------------------------------------------------------------------------------

Editorial Outubro 2016 : compreender a cólera legítima dos policiais franceses

Como a maioria dos nossos concidadãos, eu fiquei escandalizado em saber que um bando de criminosos mascarados tinha tentado matar, no último dia 8 de outubro, quatro policiais em Viry-Châtillon (Sul de Paris), jogando coquetéis molotov nos seus carros de função. Dois desses funcionários de polícia ficaram gravemente queimados.

No dia 21 de outubro, uma informação judiciária foi aberta por « tentativas de morte de pessoas depositárias de autoridade pública, cometidas em bando organizado ». Mas essa investigação e as declarações de intenções do governo não dissiparam a comoção provocada por essa agressão nem a cólera legítima ressentida pela maioria dos policiais.

O mal-estar estava latente havia alguns meses : ele se exprime agora publicamente desde alguns dias em manifestações pacíficas, mas determinadas. Esse « chega » é consequência de uma acumulação de fatores que complicam a tarefa dos representantes da ordem.

Primeiramente, nossas forças de segurança pagaram um tributo pesado na luta contra o terrorismo, entre a execução de um guardião da paz, a alguns passos da matança na sede do Charlie Hebdo, em janeiro de 2015 e da de um casal de policiais, no seu domicílio em Yvelines, em junho de 2016. Em segundo lugar, com o plano Vigipirate e a prolongação do estado de urgência, as missões se sucedem em detrimento do repouso e da saúde dos agentes. Em terceiro lugar, a fadiga e o desgaste foram acentuados pela multiplicação das manifestações violentas contra a lei do trabalho, na última primavera : desde que as duas, três primeiras manifestações haviam degenerado, o governo deveria ter tido a coragem e a responsabilidade de proibir as manifestações, que ele não era capaz de parar, sobretudo em período de estado de urgência. Em quarto lugar, os equipamentos não são suficientemente adaptados ou em número suficiente : acontece frequentemente que os agentes sejam levados a adquirir, com seus próprios meios, o seu equipamento cotidiano (lanterna individual, colete tático adaptado, saco de transporte do material individual de manutenção da ordem…). Em quinto lugar, a justiça não faz sempre o seu trabalho, relaxando rapidamente os delinquentes, sem apoiar suficientemente os policiais : um policial explicou-me há alguns dias que os vendedores ambulantes interpelados em Paris (no quartier Barbès) são liberados sem serem apresentados a um OPJ e antes mesmo que o procedimento simplificado esteja terminado, enquanto que eles estão, no mais das vezes, de maneira irregular no território ; aconteceu outro caso, depois de violentar sua companheira, um fanático jogou-se contra os policiais com uma arma branca de grande porte e o Procurador reteve como incriminação apenas uma tentativa de lesão corporal sobre agentes depositários de autoridade pública, quando se tratava de uma verdadeira tentativa de assassinato ; felizmente que, neste caso, os policiais conseguiram dominar o agressor com armas não letais, senão ou algum deles teria encontrado a morte, ou eles teriam que matá-lo, e seriam detidos por apenas ter feito o seu trabalho, como no caso da intervenção em Echirolles (Isère), nesse 28 de outubro, quando cinco policiais da BAC passaram mais de meio dia em prisão preventiva após terem morto um fanático armado com um machado e uma pistola de alarme.

É preciso que suas condições de trabalho tenham sido verdadeiramente degradadas para que policiais nacionais sejam levados a se manifestarem em várias cidades da França… como aqui em Paris, em 26/10/2016.

É inconcebível deixar que esse mal-estar deteriore a polícia nacional. Um Estado de direito não pode se permitir ter uma polícia doente.

Eu expresso o meu pleno e complete apoio às forças da ordem, cujos membros têm um trabalho nobre, mas quão difícil nos últimos tempos.

Num próximo editorial, eu voltarei a este assunto, a fim de propor soluções concretas, notadamente em termos de formação e de evolução da legislação.