vendredi 26 août 2016

Colombie : un accord de paix historique

La Colombie est à la croisée des chemins de l'Histoire. Les accords de La Havane qui viennent d'être signés, au terme de quatre années de négociations, entre le Gouvernement colombien et le commandement général de la guérilla des FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie), offrent la possibilité d'une signature définitive de la paix.

En effet, depuis 1964, la Colombie vit un conflit interne qui aura provoqué près de 260.000 morts, plus de 45.000 disparus tandis que près de 7 millions de personnes ont été déplacées. De nombreuses périodes de dialogue ont alterné des années de tensions et de guerre sans jamais aboutir.

Aujourd'hui, "l'accord final pour la fin du conflit et la construction d'une paix stable et durable" ouvre la voix à une nouvelle période dans l'histoire contemporaine de la Colombie. Ce document sera soumis aux colombiens, par la voix référendaire, le 2 octobre prochain. Il conclut quatre années de négociations qui ont porté sur des points aussi essentiels que le cessez-le-feu, le désarmement, l'adhésion aux mécanismes de ratification, les réparations en faveur des victimes du conflit, la question agraire, la participation politique des FARC. Autant dire qu'un nouveau contrat social serait établi si le référendum était approuvé. Il verrait l'ancienne guérilla se transformer en parti politique après avoir été désarmée. L'ONU jouera bien entendu un rôle essentiel de supervision de la bonne application des accords. Il apparaît évident aux yeux de tous que le processus, s'il devait être approuvé, sera long et difficile.

La campagne référendaire est engagée. Elle marque un temps très particulier dans l'histoire de la Colombie. Rien n'est acquis pour personne tant l'issue proposée à la guerre suppose un changement profond de vie. L'opposition aux accords dénonce notamment, le principe de "la justice transitionnelle" qui pourrait permettre aux membres des FARC, auteurs de crimes, d'être condamnés à des peines plus "légères" et dénonce la collusion entre les cultures illicites de drogues et les zones de présence de la guérilla.

Il apparaît certain qu'un accord a pu être trouvé car la donne géopolitique régionale a évolué durant ces dernières années : Cuba s'est engagé dans un dialogue soutenu avec les Etats-unis, laissant entrevoir une évolution économique alors même que le premier soutien de Cuba, à savoir le Vénézuéla, n'est plus en mesure de soutenir financièrement ses partenaires politiques de la région. Sans doute cette réalité a-t-elle accéléré la conclusion de l'accord de paix qui sera soumis aux Colombiens.

(pour aller plus loin, écoutez mon interview sur RFI)