mercredi 1 juin 2016

Des Français victimes du séisme en Equateur : sauvons les oubliés de Manabi !

Après le témoignage de Grégory Garbit dans ma précédente lettre d'information il y a un mois, j'ai voulu me rendre compte directement sur le terrain des ravages causés par le terrible tremblement de terre du 16 avril dernier en Équateur. Avec Grégory, nous avons été accueillis et guidés par la très efficace Tannya Bricard, conseillère consulaire en Équateur (UDI-Monde). Tannya nous livre son témoignage sur l'aide nécessaire à nos compatriotes des zones les plus sinistrées. Un grand merci à elle pour sa mobilisation !

« L’Équateur est un pays de 16 millions de personnes qui, chaque jour, se lèvent pour travailler et produire pour le monde, les meilleurs cacaos et cafés, de magnifiques roses, de délicieuses crevettes et beaucoup d'autres produits agricoles, sans oublier un artisanat varié et créatif. Aujourd’hui  après le séisme de force 7,8 du 16 avril 2016 qui a détruit  la moitié du pays, le bilan est très lourd : 661 morts,12 disparus, 6 274 blessés, et 29 000 personnes déplacées et sans abri selon les dernières estimations disponibles. L’Équateur essaie de se relever.

Dans cette tragédie, plusieurs Français avec leurs familles ont tout perdu : habitations, commerces, entreprises. Sans relâche, nous avons alerté et fait connaître aux autorités françaises, en Équateur et en France, la situation alarmante et désespérée de nos compatriotes installés dans ce pays. La réponse est triste et décevante : pas d’aides pour nos compatriotes sinistrés en Équateur !
A Manta, un des Français oubliés de Manabí, Jean-Baptiste Leinen : il est boulanger-pâtissier et avait ouvert la Panaderia Pasteleria. Aujourd'hui, sa boulangerie conviviale est partiellement détruite et donc fermée. Il doit trouver un nouveau local pour redémarrer son activité, sinon ce sera le saut forcé dans l'inconnu.
La reconstruction a commencé, très lentement. Les priorités ne sont pas toujours bien comprises par les sinistrés des régions affectées par le séisme.

La France est très présente depuis cette catastrophe. L'aide s'est rapidement déployée  en Équateur. Avec notre ambassadeur, François Gauthier, nous avons accueilli 35 sapeurs-pompiers venus avec des équipements de potabilisation d'eau installés dans trois villes afin de distribuer une eau potable aux sinistrés. 

Le 23 avril, une réunion a été organisée avec la communauté française de Manta. L'Ambassadeur est venu pour les rassurer, entendre et comprendre la situation de chacun. J'ai préparé un bilan des pertes qui a été envoyé à Paris au MAE. Plusieurs ONG et volontaires français sont présents dans les zones affectées : ils font tous un travail remarquable. L'Agence Française du Développement (AFD) est aussi très présente avec un crédit de 100 millions pour la reconstruction de zones sinistres. J'organise leurs agendas et les rendez-vous avec les autorités et les secteurs productifs et représentatifs.
L’exemple de Martine Wallet et Omar Hurtado Zarabia révèle également la détresse de nos compatriotes victimes du séisme du 16 avril. Ces derniers avaient créé une ferme de crevettes dans la région de Manabí : tout a été détruit en quelques secondes et le défi consiste aujourd’hui à se relever, avec courage et tellement de dignité, sans se sentir oubliés.
Les régions sinistrées comme Manta, la province de Manabi et Esmeraldas ont besoin d'aides plus précises et rapides pour la réactivation de la productivité. Des aides au secteur privé (par exemple via la mise en place de microcrédits) pourraient régler beaucoup de problèmes pour aider les petits commerçants, pécheurs et autres à recommencer leurs activités, des milliers de familles en dépendent et soufrent de cette absence d'activité donc de revenu.

Je remercie vivement Pascal Drouhaud qui a été présent dans les zones sinistrées et s'est entretenu avec toutes ces personnes qui on tout ou presque tout perdu (voir son témoignage dans la municipalité de Tarqui, à Manta le 25 mai 2016). En tant que Chargé de mission des Républicains en Amérique latine, il s'est engagé à sensibiliser les sénateurs et à leur demander de débloquer des aides, sur leur réserve parlementaire, pour soutenir nos concitoyens touchés de plein fouet par cette catastrophe naturelle. Je suis prête à servir de lien entre la France et l’Équateur dans ces moments si difficiles pour nous. »


A Manta, le 26 mai 2016 : les dégâts provoqués par le séisme sont considérables. En voici deux exemples : à gauche, un entrepôt totalement détruit ; au centre et à droite, un centre éducatif tenu par Congrégation "Las hermanas Oblatas de San Francisco de Sales", trop fragilisé par le séisme et qui devra être totalement reconstruit : la Sœur Rosa Magdalena nous explique que les 982 élèves sont ainsi privés de cours et de scolarité à court et moyen termes.
 
Pour aider nos compatriotes oubliés de Manabí, n'hésitez pas à contacter Tannya Bricard (tannyabricard@hotmail.com) ou Grégory Garbit (g.garbit@oleogroup.com).